«  Sur les traces
de Robert Van Gulik  »
«  Sur les traces
de Robert Van Gulik  »
«  Sur les traces
de Robert Van Gulik  »

«  Sur les traces de Robert Van Gulik  » (vidéo, 1 h 26 min, 2016)

C’est une traque patiente, respectueuse et passionnée de l’auteur néerlandais Robert Van Gulik que livre Rob Rombout. Traquer n’est le bon terme qu’à l’entendre comme «  serrer quelqu’un de très près  », et à modifier l’image de l’assaut en une étreinte délicate. Autrement, nous dirions qu’il le trace, au sens graphique. Compilant et explorant les traces anciennes et plus ou moins stabilisées – les archives, les lieux, Rob Rombout cherche aussi à révéler et à construire les traces vivantes de l’écrivain. Ces traces vivantes, ce sont les humains dont la vie s’est liée de près ou de loin à l’auteur et qui en font le témoignage, comme l’indiquent les nombreux fondus entre le visage des intervenants et celui de Van Gulik. Being not there – être là et ne pas y être. Les traces vivantes ont ceci d’intriguant qu’elles sont porteuses, pleines de quelque chose – en l’occurrence de quelqu’un, tout en étant toujours lancées sur le chemin mouvant de l’incarné, c’est-à-dire qu’elles émettent constamment des redéfinitions d’elles-mêmes. Qu’elles disent qui elles sont en même temps qu’elles fonctionnent comme trace d’un autre. Il n’est pas étonnant de voir Rob Rombout se mettre à leur poursuite, puisque ses films sont inlassablement des voyages dont la dimension exploratoire ne cesse de débusquer l’altérité dans ce qu’elle a d’infiniment varié et d’ordinairement émouvant. «  Au bout du compte, que reste-t-il d’un écrivain ?  »
Voici un film où nous faisons des trajets, nombreux, où nous sentons ces trajets, assis derrière les vitres des moyens de transport. Voici un film où nous débarquons, dans des lieux que l’on voit d’en haut et d’en bas, deux sensations de vertiges jumelles qui pourtant confèrent de manière très différente à l’individu des perceptions renversées de sa condition. Voici un film où nous voyons l’eau, les routes, les montagnes, les buildings. Et voici que nous faisons des rencontres, des tas, et toutes ont à nous dire quelque chose à propos de Robert Van Gulik. Il est peut-être l’un des auteurs néerlandais les plus lus au monde. Ce diplomate, sinologue et érudit est principalement connu pour ses romans policiers dont le juge Ti est le héros. Ces livres sont à de nombreux égards des projections de sa propre vie, un dialogue entre lui-même et son personnage de fiction. Cette dualité est également présente dans le projet de film : réalité et fiction se confondent, questionnant ainsi le documentaire comme genre cinématographique. «  Ma quête ressemble de plus en plus à un roman policier mis en scène par l’auteur  », confie Rob Rombout en voix off.
Si la philosophie chinoise a tendance à «  considérer le monde dans son ensemble et non les individus isolés  », ce film est une révélation des gémellités insoupçonnables qui unissent entre eux des lieux, des individus, à travers les strates du temps, et donnent à l’absence un caractère ambigu.
« Sur les traces de Robert Van Gulik »

«  Sur les traces de Robert Van Gulik  » (vidéo, 1 h 26 min, 2016)

C’est une traque patiente, respectueuse et passionnée de l’auteur néerlandais Robert Van Gulik que livre Rob Rombout. Traquer n’est le bon terme qu’à l’entendre comme «  serrer quelqu’un de très près  », et à modifier l’image de l’assaut en une étreinte délicate. Autrement, nous dirions qu’il le trace, au sens graphique. Compilant et explorant les traces anciennes et plus ou moins stabilisées – les archives, les lieux, Rob Rombout cherche aussi à révéler et à construire les traces vivantes de l’écrivain. Ces traces vivantes, ce sont les humains dont la vie s’est liée de près ou de loin à l’auteur et qui en font le témoignage, comme l’indiquent les nombreux fondus entre le visage des intervenants et celui de Van Gulik. Being not there – être là et ne pas y être. Les traces vivantes ont ceci d’intriguant qu’elles sont porteuses, pleines de quelque chose – en l’occurrence de quelqu’un, tout en étant toujours lancées sur le chemin mouvant de l’incarné, c’est-à-dire qu’elles émettent constamment des redéfinitions d’elles-mêmes. Qu’elles disent qui elles sont en même temps qu’elles fonctionnent comme trace d’un autre. Il n’est pas étonnant de voir Rob Rombout se mettre à leur poursuite, puisque ses films sont inlassablement des voyages dont la dimension exploratoire ne cesse de débusquer l’altérité dans ce qu’elle a d’infiniment varié et d’ordinairement émouvant. «  Au bout du compte, que reste-t-il d’un écrivain ? »…
Voici un film où nous faisons des trajets, nombreux, où nous sentons ces trajets, assis derrière les vitres des moyens de transport. Voici un film où nous débarquons, dans des lieux que l’on voit d’en haut et d’en bas, deux sensations de vertiges jumelles qui pourtant confèrent de manière très différente à l’individu des perceptions renversées de sa condition. Voici un film où nous voyons l’eau, les routes, les montagnes, les buildings. Et voici que nous faisons des rencontres, des tas, et toutes ont à nous dire quelque chose à propos de Robert Van Gulik. Il est peut-être l’un des auteurs néerlandais les plus lus au monde. Ce diplomate, sinologue et érudit est principalement connu pour ses romans policiers dont le juge Ti est le héros. Ces livres sont à de nombreux égards des projections de sa propre vie, un dialogue entre lui-même et son personnage de fiction. Cette dualité est également présente dans le projet de film : réalité et fiction se confondent, questionnant ainsi le documentaire comme genre cinématographique. «  Ma quête ressemble de plus en plus à un roman policier mis en scène par l’auteur  », confie Rob Rombout en voix off.
Si la philosophie chinoise a tendance à «  considérer le monde dans son ensemble et non les individus isolés  », ce film est une révélation des gémellités insoupçonnables qui unissent entre eux des lieux, des individus, à travers les strates du temps, et donnent à l’absence un caractère ambigu.
« Sur les traces de Robert Van Gulik »

«  Sur les traces de Robert Van Gulik  » (vidéo, 1 h 26 min, 2016)

C’est une traque patiente, respectueuse et passionnée de l’auteur néerlandais Robert Van Gulik que livre Rob Rombout. Traquer n’est le bon terme qu’à l’entendre comme «  serrer quelqu’un de très près  », et à modifier l’image de l’assaut en une étreinte délicate. Autrement, nous dirions qu’il le trace, au sens graphique. Compilant et explorant les traces anciennes et plus ou moins stabilisées – les archives, les lieux, Rob Rombout cherche aussi à révéler et à construire les traces vivantes de l’écrivain. Ces traces vivantes, ce sont les humains dont la vie s’est liée de près ou de loin à l’auteur et qui en font le témoignage, comme l’indiquent les nombreux fondus entre le visage des intervenants et celui de Van Gulik. Being not there – être là et ne pas y être. Les traces vivantes ont ceci d’intriguant qu’elles sont porteuses, pleines de quelque chose – en l’occurrence de quelqu’un, tout en étant toujours lancées sur le chemin mouvant de l’incarné, c’est-à-dire qu’elles émettent constamment des redéfinitions d’elles-mêmes. Qu’elles disent qui elles sont en même temps qu’elles fonctionnent comme trace d’un autre. Il n’est pas étonnant de voir Rob Rombout se mettre à leur poursuite, puisque ses films sont inlassablement des voyages dont la dimension exploratoire ne cesse de débusquer l’altérité dans ce qu’elle a d’infiniment varié et d’ordinairement émouvant. «  Au bout du compte, que reste-t-il d’un écrivain ?  »
Voici un film où nous faisons des trajets, nombreux, où nous sentons ces trajets, assis derrière les vitres des moyens de transport. Voici un film où nous débarquons, dans des lieux que l’on voit d’en haut et d’en bas, deux sensations de vertiges jumelles qui pourtant confèrent de manière très différente à l’individu des perceptions renversées de sa condition. Voici un film où nous voyons l’eau, les routes, les montagnes, les buildings. Et voici que nous faisons des rencontres, des tas, et toutes ont à nous dire quelque chose à propos de Robert Van Gulik. Il est peut-être l’un des auteurs néerlandais les plus lus au monde. Ce diplomate, sinologue et érudit est principalement connu pour ses romans policiers dont le juge Ti est le héros. Ces livres sont à de nombreux égards des projections de sa propre vie, un dialogue entre lui-même et son personnage de fiction. Cette dualité est également présente dans le projet de film : réalité et fiction se confondent, questionnant ainsi le documentaire comme genre cinématographique. «  Ma quête ressemble de plus en plus à un roman policier mis en scène par l’auteur  », confie Rob Rombout en voix off.
Si la philosophie chinoise a tendance à «  considérer le monde dans son ensemble et non les individus isolés  », ce film est une révélation des gémellités insoupçonnables qui unissent entre eux des lieux, des individus, à travers les strates du temps, et donnent à l’absence un caractère ambigu.