Maeva Widart

Présentation de l’écrit de Maeva Widart accompagnant son installation
présentée à l’exposition Demain passe par les yeux… #2
2e année Master Spécialisé, Option de Vidéographie

« Putain !
Si j’avais gardé les images de mon père ! »

Un jour j’ai appris l’importance des images, des traces que l’on laisse à soi et surtout aux autres. Les instants capturés, suspendus, dans lesquels j’aime, et j’ai le besoin de me replonger par nostalgie, mais aussi par dépit…

Tout ce qu’il reste.

Une voix, un regard, un geste, un mot. 

C’est tout.

Et c’est rien.

Mais je m’y accroche et m’y attache à ces trésors récoltés sur lesquels, selon moi, le temps n’a pas eu d’emprise.

Sur ce qui n’a pas disparu.

Sur ce qui reste.

Sur ce qui est encore là quand on a perdu quelqu’un, quand on quitte un endroit.

Ma principale démarche artistique se trouve ici : dans ce joyeux bordel entassé dans des albums, des boîtes, sur des cartes mémoires, dans un vieil ordinateur…

Je collectionne, je récupère, je fouille.

Ensuite j’écris, je recompose, je mélange les instants…

Et je vous raconte.

Prévert commence son poème par : « Dans ma maison vous viendrez. D’ailleurs ce n’est pas ma maison… »

C’est peut-être aussi la vôtre.

De maison.

Ou d’histoire.

Maeva Widart

atelier de vidéographie  |  ÉSAVL-ARBAL |  éditeur responsable Daniel Sluse