Gina Curnel

Présentation du travail de Master sortant, de Ginal Curnel,
2e année Master Spécialisé, Option de Publicité

 Un travail qui témoigne de l’émergence d’une pratique d’arts numériques à l’ÉSAVL-ARBAL, et de qualité, celui de Gina Curnel, de l’atelier de publicité

Gina Cur­nel est étu­diante en 2e année Mas­ter Spé­cia­lisé en Publi­cité (2015-16). Dans le cadre de son tra­vail de fin d’études, avec son pro­fes­seur d’atelier de publicité (Gil­les Ban­neux), mais aussi son professeur d’infographie (Patrick Piquard), elle s’est adjointe les services du cours d’Arts numériques / infographie (professeur Ronald Dagonnier) pour réaliser une installation numérique aliant le design graphique et l’art numérique. Cette collaboration transversale, inédite, a abouti à un des projets d’arts numériques au sein de l’ÉSAVL-ARBAL les plus singuliers, réussis et aboutis à ce jour : une ins­tal­la­tion interactive, inti­tu­lée d’un nom mystérieux, Opso­nus.

Au visiteur, l’installation se présente sous forme d’un plexiglass transparent carré, suspendu à hauteur d’hommes. Derrière le plexi, un discret vidéoprojecteur éclaire aléatoirement des zones du plexiglass, faisant ainsi apparaître sur le plexi, au visiteur, un jeu graphique insoupçonné. Face à ce plexiglass, se tient un clavier, que peut actionner le visiteur. Le principe de l’installation est le suivant : via un lecteur MP3, une musique active, sur base fréquentielle, un jeu de lumière du vidéoprojecteur et donc, le plexi. Le visiteur peut proposer sa propre musique via son propre lecteur. Le clavier permet au visiteur de cibler certaines fréquences de la musique. Ce que fait apparaître la lumière sur le plexiglass est tout un jeu graphique lié au thème du son. À partir de formes élémentaires liées à la représentation du son (forme d’onde, vu-mètre, élément de partition musical, lettre de l’alphabet phénicien, cymatique, molécule d’air…), plus au moins retravaillées, Gina Curnel a composé un jeu visuel très intriguant auquel donne vie la lumière.

Jeu sonore et visuel, transposition son et image, voir le son par l’image, faire de l’image du son… L’installation propose et questionne ainsi les interactions légendaires du son et de l’image. L’installation, modestement, se veut une nouvelle étape dans l’étude des relations entre le son et l’image, étude démarrée depuis des temps anciens, ceux des phéniciens.

On ne peut qu’apprécier ce travail aliant plusieurs disciplines : la sculpture, l’installation, l’interactivité, le graphisme, mais aussi la recherche scientifique en matière du son et des nouvelles technologies. Ainsi, Gina Curnel joue habillement de la transversalité pour produire une oeuvre très singulière. Une transversalité dans la création mais aussi dans la collaboration, puisqu’elle a connecté plusieurs spécialités : les enseignants de publicité, de technologies numériques, mais aussi d’arts numériques, et ce, pour produire une œuvre, qui, loin d’en souffrir, bien au contraire, donne une dimension singulière. Oui, la transversalité, c’est aussi savoir faire collaborer des spécialistes. Et quand cela marche, cela ne peut qu’aboutir à une expérience esthétique et humaine inédite.

Gina Curnel n’en a pas pour autant fini avec sa réalisation : elle souhaite la faire évoluer. Par exemple, restreindre la bande de fréquence sonore. Mais aussi envisager d’autres supports d’interactivité, la tablette ou le gsm.

Enfin, on ne peut qu’apprécier le projet transversal mené de main de maître par Gilles Banneux, de publicité, de Patrick Piquard, d’infographie, et Ronald Dagonnier, d’arts numériques. Oui, la transversalité, cela marche à l’ÉSAVL-ARBAL.

« Depuis la nuit des temps, l’homme a essayé de lier le son avec une représentation visuelle. Cela a d’abord commencé avec les premiers alphabets tels que le phénicien. Celui-ci représentait des sons et leurs musicalités plutôt que des mots. Plus tard, beaucoup de scientifiques et d’artistes se penchèrent sur la question.

Thomas Wilfried en fut un bon exemple, il créa le premier clavier (Clavitux) qui combinait sons et lumières.
Ensuite, il ya eu des artistes tels que Mike Deal, qui recréa un univers visuel à partir de la discographie des Beatles. D’autres s’intéresseront à la cymatique, aux fréquences, etc.

J’ai désiré mettre la main à l’édifice, en créant à mon trou une visualisation de la musique accessible à tous. Venant d’une approche scientifique, j’ai eu envie de montrer aux gens que la musique pouvait s’appréhender de manière ludique et simplifiée. J’ai voulu mettre à disposition un outil pour les professionnels et amateurs du m onde musical qui permette de visualiser les notes employées dans n’importe quel type de musique.

Le nom de ce projet, Opsonus, est une combinaison du grec op qui signifie l’œil et du latin sonus qui veut dire son.

Pour la création des visuels de chaque note, je me suis inspirée des recherches existantes faites sur le son dans les domaines scientifiques et techniques, tels que la cymatique (étude de la visibilité des vibrations).
Chacune de ces séquences évolue afin que l’on puisse identifier l’octave auquel appartient la note recherchée.

La finalité de ce projet est la création d’un affichage de toutes les fréquences qui réagissent le son. Celui-ci sera un outil ludique et poétique qui apportera aux amateurs la découverte du milieu musical et aux professionnels une aide à leur travail. De pus, le travail graphique regroupera une application ainsi que la promotion de celle-ci via entre autres le partage d’images sur les réseaux sociaux.

Ce projet est l’aboutissement de nombreuses recherches dans le domaine musical. J’ai essayé de répondre à beaucoup de questions et voici la réponse que je propose.  Cependant le sujet étant vaste et compliqué, je n’affirme pas détenir la solution unique. »

Gina Curnel

atelier de vidéographie  |  ÉSAVL-ARBAL |  éditeur responsable Daniel Sluse