Caroline Verpoorten

Présentation du thème de l’installation de Caroline Verpoorten
présentée à l’exposition Demain passe par les yeux… #2
2e année Master Spécialisé, Option de Vidéographie

  J’ai une mauvaise mémoire, ou du moins je trouve que j’ai une mauvaise mémoire. J’ai très peu de souvenirs d’avant mes 12 ans, c’est toujours minime ou extrêmement vague.

J’ai peu de souvenirs des proches que j’ai perdus. Je pense me souvenir du visage de chacun mais je raccroche plus rapidement ces images à des photographies qu’à des images mentales « réelles ». Les photos sont évidemment une trace tangible de la réalité, mais sans elles, me souviendrais-je de ces visages ?

Le deuil, la mémoire, les souvenirs, ce sont mes « sujets », ce autour de quoi je tourne dans mon travail, de près ou de loin.

Au début de mes années de master, c’est ce que j’avais : les sujets autour desquels je tournais déjà, et cette prise de conscience que j’avais peur de l’oubli. Je me suis donc lancée dans mon travail à partir de ces thèmes.

Je me reconstruisais, je cherchais mes souvenirs, ce que je pensais avoir perdu, je voulais me raccrocher à qui j’étais. J’étais en recherche de mon passé, dans mon passé. Je voulais absolument exprimer le rapport que j’avais avec lui, ce que j’en ressentais. Je voulais retrouver mes souvenirs.

Je ne supportais pas l’idée de ne pas me souvenir des gens que j’ai perdus ou de certains éléments de mon enfance.

Mais récemment, j’ai commencé à accepter ma situation.

Mes souvenirs disparaissent et je sais que je ne peux rien y faire. C’est à ce moment que j’ai réellement saisi mon mot clé : la disparition.

Je suis repartie de zéro, j’ai mis mon passé derrière moi.

Je constate la disparition de mes souvenirs. Je me demande jusqu’où elle peut aller. Je me demande si les souvenirs que j’ai pour le moment resteront. Je ne rejette plus la disparition, je la questionne.

J’observe ce qu’il reste dans ma mémoire, là, maintenant, telle que je suis pour le moment.

Car le passé n’existe plus, il ne reste que ce que j’en ai gardé dans le présent.

Mais le présent n’existe que dans l’instant. L’instant d’après tout peut changer.

Je ne suis pas vraiment sure de ce qu’il reste, de ce qu’il restera.

Je ne suis pas sure de mes souvenirs. De quoi me souviens-je vraiment ?

Les souvenirs sont toujours en mouvement, ils se transforment au fur et à mesure du temps. Ils s’effacent continuellement.

Je voudrais créer cette impression de ne pas être complètement sûr de ce que l’on voit, ce que l’on entend. Tout en le reconnaissant un petit peu.

J’ai envie que mon travail devienne une expérience sensorielle. Emmener les gens dans mes souvenirs réels, tels qu’ils sont maintenant. Placer les regardeurs dans un environnement qui leur inspirera des émotions, des sensations.

Je veux leur faire vivre cet effacement, cette disparition, qui a commencé à me fasciner.

Que reste-t-il quand tout disparaît ?

Et comment représenter cette disparition ?

Que reste-t-il quand tout disparaît ?

Mais récemment, j’ai commencé à accepter ma situation.

Mes souvenirs disparaissent et je sais que je ne peux rien y faire. C’est à ce moment que j’ai réellement saisi mon mot clé : la disparition.

Je suis repartie de zéro, j’ai mis mon passé derrière moi.

Je constate la disparition de mes souvenirs. Je me demande jusqu’où elle peut aller. Je me demande si les souvenirs que j’ai pour le moment resteront. Je ne rejette plus la disparition, je la questionne.

J’observe ce qu’il reste dans ma mémoire, là, maintenant, telle que je suis pour le moment.

Car le passé n’existe plus, il ne reste que ce que j’en ai gardé dans le présent.

Mais le présent n’existe que dans l’instant. L’instant d’après tout peut changer.

Je ne suis pas vraiment sure de ce qu’il reste, de ce qu’il restera.

Je ne suis pas sure de mes souvenirs. De quoi me souviens-je vraiment ?

Les souvenirs sont toujours en mouvement, ils se transforment au fur et à mesure du temps. Ils s’effacent continuellement.

Je voudrais créer cette impression de ne pas être complètement sûr de ce que l’on voit, ce que l’on entend. Tout en le reconnaissant un petit peu.

J’ai envie que mon travail devienne une expérience sensorielle. Emmener les gens dans mes souvenirs réels, tels qu’ils sont maintenant. Placer les regardeurs dans un environnement qui leur inspirera des émotions, des sensations.

Je veux leur faire vivre cet effacement, cette disparition, qui a commencé à me fasciner.

Que reste-t-il quand tout disparaît ?

Et comment représenter cette disparition ?

Caroline Verpoorten

atelier de vidéographie  |  ÉSAVL-ARBAL |  éditeur responsable Daniel Sluse